
La pratique de la pêche aux arts traînants
(fig.7) est très dommageable pour les fonds marins, en particulier
pour les herbiers à Posidonia oceanica.
En France, le chalutage benthique et pélagique est, en théorie,
interdit dans le bande côtière des 3 milles et à
moins de 100 m de profondeur.
En Italie, où la profondeur est inférieure à 50
mètres la pêche à la traîne est interdite
dans la zone des 3 mille marins et où la profondeur est supérieure
à 50 mètres dans la zone de 1 mille marin (à l’exception
des embarcations à rames et de la pêche à partir
de la côte).
Dans la pratique, toutefois, il est pratiqué couramment sur les
petits fonds, ce qui a des conséquences négatives sur
l’herbier (régression) et sur ses fonctions écologiques
et économiques. Les actions de chalutage provoquent en effet
:
des déséquilibres sur les ressources halieutiques,
car cette pêche non sélective capture des juvéniles
immatures et endommage les stocks de nombreuses espèces non exploitées;
la dégradation des habitats, des zones de frayères
et de nurseries, en particulier d’espèces exploitées.
Le chalutage constitue ainsi la principale cause de régression
des herbiers à Posidonia oceanica en Espagne, dans la Région
d’Alicante.
En outre, la dégradation de la topographie des
fonds et des habitats associés provoque une diminution de l’hétérogénéité
spatiale, qui constitue un élément essentiel de la biodiversité.
Par ailleurs, il y a conflit d’usage entre les chalutiers, lorsqu’ils
s’approchent de la côte et détruisent les frayères
et les nurseries, et la pêche artisanale, qui dépend d’une
gestion durable de ces frayères, de ces nurseries et donc de
la ressource.
Dans la mesure où les autorités des pays riverains de
la Méditerranée n’ont pas les moyens, ou la volonté,
de faire respecter la législation, ce qui va à l’encontre
des intérêts des pêcheurs artisanaux, mais aussi
des pêcheurs au chalut (bien que ces derniers n’en soient
pas toujours conscients), la solution la plus réaliste consiste
à mettre en place des obstacles physiques au chalutage : les
récifs anti-chalut. Ces récifs protègent l’herbier
à P. oceanica (et ses fonctions écologiques et économiques)
et permettent donc une gestion durable du stock halieutique par la pêche
artisanale.